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Termes non-définis

"You will know that no doctrine can, without committing the unpardonable sin of circularity, undertake to define all of the terms it employs but that every doctrine must employ one or more terms regarded as being, without definition of them, sufficiently intelligible for the purposes of clear discourse. You will know that for a like reason no doctrine can furnish proof of all its propositions but that every doctrine must contain one or more propositions which it takes for granted, using them without demonstrating them. And you will know that a doctrine can have maximum clarity and cogency when and only when it has the minimum of undefined terms and undemonstrated propositions."
Cassius J. Keyser, TAT

"Voici une expérience sémantique. Je l'ai conduite plusieurs fois sur moi et sur d'autres, toujours avec les mêmes résultats. Imaginons: nous sommes en train de discuter sérieusement, en ami, avec quelqu'un, et nous décidons de rechercher la signification de mots. Il n'est pas nécessaire d'être très exigeant pour cette expérience, car cela la compliquerait beaucoup et inutilement. Se munir de papier et de crayon aidera à garder trace du déroulement.

Nous demandons d'abord quelle est la 'signification' de chaque mot prononcé, en nous satisfaisant de définitions approximatives; puis nous demandons la 'signification' de chaque mot employé dans la définition, et nous poursuivons le processus pendant 10 à 15 minutes, pas davantage, jusqu'à ce que la victime commence à tourner en rond-par exemple en définissant 'espace' par 'longueur' et 'longueur' par 'espace'. A ce stade, nous sommes d'habitude en présence des termes non-définis propres à cette personne. Si nous insistons, même très gentiment, pour avoir des définitions, il se produit un fait très intéressant. Tôt ou tard apparaissent des signes de perturbations affectives. Souvent le visage rougit, le corps s'agite, la sueur perle-symptômes tout à fait semblables à ceux d'un écolier qui a oublié la leçon qu'il 'a sur le bout de la langue'. Si le partenaire de l'expérience est capable d'auto-observation, il découvre invariablement qu'il ressent une pression affective interne, peut-être liée à un afflux de sang au cerveau, et dont la meilleure traduction est 'qu'il "sait", mais ne peut pas "dire"', ou quelque chose de ce genre. Nous avons atteint là le fond et la base de toutes les significations non-élémentalistes-les significations des termes non-définis que nous 'connaissons' d'une certaine façon, mais que nous ne pouvons dire. En fait, nous avons atteint le niveau in-dicible."
Alfred Korzybski, Science et Sanité p. 21, International Non-Aristotelian Library (1933).

 Erreurs typiques sur les termes non-définis 

La plupart des gens, habitués à utiliser des dictionnaires, sont convaincus qu'il est possible de définir circulairement. Ceci est une erreur de Définition Circulaire, connue même en 'logique' aristotélicienne. Cela apparaît lorsque vous essayez, par exemple, d'expliquer le verbe "commercer" à un étranger. Pour le définir vous utilisez le verbe "négocier" que notre étranger ne connaît pas non plus. Puis, vous continuez en expliquant "négocier" avec "commercer". Croyez-vous que notre étranger comprendra aucun de ces deux mots après ça ? On peut également essayer d'expliquer la "couleur blanche" à un aveugle de naissance. Il est parfaitement impossible d'apprendre une langue à partir de zéro en utilisant seulement des définitions, comme le savent tous les parents qui ont eu à pointer du doigt silencieusement des objets/images pour leurs enfants. Il faut d'abord connaître quelques mots de base, qui n'ont pas besoin de définition, que nous comprenons d'une façon ou d'une autre mais ne pouvons définir à un instant donné, les termes non-définis. Ces termes non-définis varient au cours de la vie d'une personne, principalement à travers l'éducation, dans un sens très général. Une conjecture faite par Korzybski à propos de ces termes est qu'ils sont tous multiordinaux (l'inverse n'étant pas vrai, i.e. un terme multiordinal peut ne pas être non-défini).


© ESGS, 2002.